PARTICIPEZ A UN PROJET DURABLE POUR LA VILLE DE MENDE
Par NG le lundi, 18 février 2008, 18:21 - Politiques publiques - Lien permanent
Je vous invite à enrichir cette contribution en postant des commentaires selon vos champs de compétences afin de participer à l’élaboration d’un projet de développement durable pour la ville de Mende. Une rencontre entre les contributeurs qui en auront fait la demande sera organisée, sous la forme d’une journée de travail, pour formaliser ce projet qui sera présenté aux élus de la ville de Mende.
La ville de Mende observe un développement significatif avec notamment la ZAC des Ramilles, les quartiers d’habitat de Valcroze et des Boulaines, la ZAE du Causse d’Auge… Ce développement doit être accompagné des services et infrastructures nécessaires tout en conservant le principal atout de Mende : son cadre de vie.
Il s’agit donc de profiter de ces tressaillements pour proposer un développement économique qui doit laisser Mende attractive pour l’accueil de nouvelles populations qui alimenteront la « machine ». En effet, la zone de chalandise de Mende reste faible, l’accueil de nouvelles populations dans le bassin de vie mendois doit être l’objectif qui permettra de soutenir le commerce, de développer les services… afin de propulser la ville dans un cercle vertueux de développement durable.
Pour cela il faut tenir compte des contraintes (relief, climat, zone inondable…) et du patrimoine naturel (paysage, environnement naturel…) et humain (monuments historiques, patrimoine culturel…) pour envisager un développement respectueux du site qui accueille la ville de Mende…et de la planète !
Accueil de population
Les solutions que doit offrir Mende aux nouvelles populations ne se posent pas seulement en terme quantitatif mais, à l’heure du développement durable, elles doivent également être QUALITATIVES. Ainsi, une opération immobilière doit répondre à plusieurs critères :
- économie de l’espace : le site de la ville de Mende n’est pas extensible ! il faut l’optimiser
- économie d’énergie : les nouveaux bâtiments ne peuvent plus se contenter des normes « basses » de construction notamment en terme d’isolation alors qu’on sait faire des bâtiments à énergie positive !
- recours aux énergies renouvelables : les bâtiments qu’ils soient individuels ou collectifs peuvent intégrer des moyens de production d’énergie renouvelable (panneaux solaires…) qui réduisent les factures énergétiques et les émissions de CO2
- mixité sociale : il ne faut pas reproduire les erreurs des grandes villes françaises en la matière et construire des nouveaux quartiers, vivants, où il fait bon vivre, en favorisant la naissance d’un « lien social »
Nous attendons toujours le premier bâtiment « HQE » 1 à Mende et bien moi j’attends avec impatience le premier « quartier durable ».

La dernière opération immobilière d’envergure à Mende : la Résidence « les Jardins de Vitia ». Quel dommage de ne pas avoir profiter de la construction de ces immeubles collectifs pour obliger le promoteur à intégrer quelques technologies durables (panneaux solaires, isolation efficace…). A 327€ le T1 et 554€ le T3, ce ne sont pas non plus des logements sociaux ! 2
On ne peut plus perdre de temps…le prochain document d’urbanisme de la ville de Mende devra prévoir la construction d’un quartier durable 3. Nos territoires ne peuvent pas se permettre d’être en retard sur la mise en œuvre de ces nouvelles technologies de construction.
Circulation
Le problème le plus visible de l’augmentation de la population Mendoise est la circulation et le stationnement. Pour le stationnement, des opérations sont réalisées régulièrement au centre ville, il faut les poursuivre.
Concernant la circulation, le problème est plus épineux car sa résorption dépend de la mise en œuvre de projets très lourds : rocade ouest et contournement de la RN88. Pour la rocade ouest, la première pierre est posée avec la construction du viaduc de Rieucros. Mais le seul viaduc ne résout en rien les problèmes de circulation de Mende ; il va surcharger l’avenue du 11 novembre qui doit déjà drainer l’essentiel du développement récent de Mende.
Le raccordement du viaduc de Rieucros à la RN88 doit donc être une priorité sous peine de voir une situation, déjà pénible, s’aggraver pour ceux qui doivent emprunter l’avenue du 11 novembre.
La part du trafic représentée par la population qui se déplace des quartiers de Valcroze et des Boulaines vers le centre ville ou la ZAC des Ramilles pour acheter son pain pourrait être réduite ! Un espace multiservices du type de celui de Fontanilles (Pharmacie, Poste, Tabac, Boulangerie, Coiffeur…) doit être construit à proximité de ces quartiers.

Transports collectifs
Le TUM (Transport Urbain Mendois) est en service depuis plusieurs années maintenant, quel est le bilan de ce service ? Combien d’usagers l’utilisent ? Comment est il utilisé : quotidiennement, occasionnellement… ?
La fréquentation, en dehors des scolaires, les matins et les soirs de semaine est visiblement…proche de 0 !
Une enquête doit être diligentée pour évaluer ce qui ne fonctionne pas avec ce service : manque de communication ? horaires inadaptés ?
Ce n’est pas possible de voir cet énorme bus faire le tour de Mende à vide toute la journée !

L’avenir du centre ville
Avec la ZAC de Ramilles et sa nouvelle halle commerciale et les projets de « sortir » du centre ville les services du Conseil Général par exemple, se pose la question du devenir du centre ville de Mende.
Je comprend en effet les craintes des commerçants qui voient une partie de l’activité et de leurs clients quitter le centre ville. Est ce que ces éléments ont été intégrés à la réflexion sur ces projets ?
En effet, il serait dommageable que Mende ne profite pas des investissements importants réalisés pour l’aménagement du centre ville dont le cadre de vie est optimum. Il ne faut pas prendre le risque d’un retour en arrière avec des pas de porte qui ferment, des façades qui ne sont plus rénovées, des habitants qui préfèrent partir vivre sur les quartiers extérieurs…
Il faut profiter de la dynamique engagée ces dernières années et soutenir l’activité économique et les services du centre ville garants, avec le cadre de vie, de son attractivité.
Le réseau de chaleur
Mende va être le théâtre de la réalisation d’un projet très novateur dans le domaine des énergies renouvelables : la construction d’une usine de cogénération qui produira de l’électricité à partir du bois et alimentera un réseau de chaleur.
Ainsi, le Pôle d’Excellence Rurale « valorisation des bio-ressources et développement local par la co-génération à partir de biomasse », porté par la communauté de communes de la Haute Vallée d’Olt, prévoit :
- la réalisation d’une usine de cogénération d’une puissance de 7,5MW électriques par l’entreprise SAS Bois Energie Lozère (groupe Engelvin)
- la création d’un réseau de chaleur pour alimenter une centaine de bâtiments publics et privés sur la commune de Mende
- la réalisation d’une étude de coordination des approvisionnements (CCI de la Lozère)
Ce projet peut faire de Mende une ville exemplaire sur le plan de la valorisation d’une ressource locale : le bois, pour la production d’énergie d’origine renouvelable.
On aimerais toutefois en savoir plus sur ce projet : c’est pour quand ? Combien de foyers pourront être alimentés à terme par ce réseau ? L’approvisionnement de l’usine est il garantit par la ressource en bois locale ?
Enfin, la ville de Mende va-t-elle en profiter pour « surfer sur la vague » des énergies renouvelables et promouvoir d’autres modes de production et notamment pour l’intégration aux nouvelles constructions (géothermie, panneaux solaires…) ?
Elle doit en profiter pour véhiculer une image positive à l’extérieur du département afin de la rendre synonyme de développement durable ce qui constituera, à n’en pas douter, un argument de poids pour attirer de nouvelles populations dans les prochaines années.
On voit donc qu’il existe de nombreuses pistes pour faire de Mende une ville exemplaire, la nouvelle municipalité devra donc se doter d’une réelle politique de développement durable avec en premier lieu la mise en place d’un agenda21 et de critères d’évaluation de la politique municipale selon les trois piliers du développement durable que sont l’économie, le social et l’environnement.
2 Voir le site Internet de l’agence de location AKERIS
3 Quartier durable – voir les publications de l’association des « Eco Maires »
Découvrir la Lozère :
Atlas cartographique - Diaporama - Panoramiques

Commentaires
La combustion du bois produit de la dioxine, substance très cancérigène rejetée dans l'environnement proche. L'usine de Mende a-t-elle pris en charge ce problème, est-elle équipée de filtres, si tenté qu'ils existent ? Dans le cas contraire cette production qualifiée de durable ne mériterait plus ce qualificatif et constituerait même une nuisance environnementale..
Je connaissais la polémique lancée par le Monde sur l'émission de poussières par la combustion du bois mais je n'avais pas encore entendu parlé de rejets de "dioxine".
Sur le plan des émissions, de poussières notamment, les appareils de chauffage au bois de dernière génération sont beaucoup plus performants que les anciennes cheminées, inserts... (émissions divisées par 250 à 300 entre un foyer ouvert et une chaudière à granulés automatique) En outre, il existe effectivement des filtres et la recherche dans le domaine des bioénergies travaille à la réduction de ces émissions.
Quoi qu'il en soit, malgré leurs émissions (qui restent largement acceptables et inférieures à celles des transports par exemple), les modes de chauffage au bois méritent leur qualificatif de durable au moins pour leur respect du cycle du carbone en utilisant un combustible renouvelable (contrairement aux fossiles)
Pour finir j'espère que vous ne vous chauffez pas au fuel parce qu'en terme de nuisances environnementales, vous êtes au top (combustible non renouvelable, émissions de poussières, hydrocarbures... dans l'atmosphère, bilan carbone désastreux de l'extraction, raffinage, transport jusqu'à votre cuve...) Et au cas où vous vous chaufferiez à l'électrique, votre bilan carbone est bon mais l'uranium n'est pas un combustible renouvelable non plus.
Après, je ne connais pas les aspects techniques du projet de Mende, il faut poser la question aux responsables.
En ce qui concerne les nouvelles habitations, on peut se rendre compte qu'il n'y a pas de toits végétal en Lozère. Alors que cette technique peut être très performante en termes d'isolation. De plus c'est quand même beaucoup plus agréable à l'oeil que ces satanés tôles des établissements agricoles. Qu'en pensez vous ?
Pour ce qui est du TUM, s'il était gratuit, je suis sûr qu'il serait plus utilisé...
Pour revenir rapidement sur l'usine de cogénération, il y a clairement un problème de concertation sur ce projet qui génère des inquiétudes importantes (et bien justifiées) de la part des mendois qui ont bien le droit de connaître les tenants et les aboutissants d'un tel projet (et surtout les impacts et retombées qui en découleront).
Pour ce qui est des toitures végétalisées, c'est évidemment un élément d'architecture bioclimatique très intéressant, particulièrement en milieu urbain qui possède de nombreux avantages (en plus de l'aspect visuel) : un plus grand confort thermique et sonore pour le logement, une meilleure gestion des eaux pluviales qui sont partiellement stockées par la toiture, des économies en terme de chauffage en hiver et de climatisation en été...
Plus globalement, je pense en effet que le prochain document d'urbanisme de Mende devra permettre et encourager les éléments d'architecture bioclimatique dans la construction neuve (toiture végétalisée, panneaux solaires...)