Tout d’abord si l’éolien contribue à une faible diminution des émissions de GES, c’est parce que :

- l’électricité ne représente que 10% des émissions françaises

- l’électricité en France est produite à partir du nucléaire (80% de la production) qui comporte d’autres inconvénients et impacts sur l’environnement et les populations ; ce n’est donc pas un mode de production durable d’électricité

D’ailleurs, en valeur absolue, l’objectif français d’installer 13500MW éoliens équivaut tout de même à 4 ou 5 réacteurs nucléaires ! 1


Ensuite, l’éolien a une image forte (symbolique) contribuant à la prise de conscience de la nécessité d’un développement plus durable. Les territoires qui choisissent d’afficher leur préoccupation pour la planète, en installant des éoliennes, contribuent à l’effort général qui doit être fait, en matière de production d’électricité d’origine renouvelable.

Dire que l’éolien ne contribue pas à un développement durable, ne constituant qu’un outil contre productif, aspirateur de deniers publics, sans gain pour l’environnement revient à dire que le Grenelle n’a servi à rien, que d’installer un chauffe eau solaire ne sert à rien, que d’élaborer un agenda21 ne sert à rien…En bref, on tente de nous démontrer que tout cela n’est qu’image et communication et ne contribue, qu’à une dose homéopathique, à la réduction des émissions de GES… Autant dire que tout effort en France est inutile, compte tenu de notre faible empreinte écologique, face à des économies en pleine croissance comme celles de la Chine ou de l’Inde !

Toute contribution, quelque soit son importance, va bien sûr dans le sens d’une réduction des émissions de GES, et ne doit pas être dénigrée ! Il faut en finir avec les arguments pessimistes visant à accuser telle ou telle solution de tous les maux (qui de l’éolien, qui des panneaux solaires…). Chaque outil prend sa part à l’effort de lutte contre le réchauffement climatique dans ce qu’on appèle le « mix énergétique ».


En fait, essayer à tout prix de décrédibiliser ce moyen de production d’électricité d’origine renouvelable décourage les collectivités, qui font l’effort d’accueillir des projets, et les particuliers, qui se demandent bien à quoi pourrait servir d’installer des panneaux solaires sur leur toit, quand des machines de 100 mètres de haut ne contribuent pas à la diminution des émissions de GES.

Par contre, les solutions à mettre en œuvre doivent être étudiées au cas par cas en fonction des potentialités et des besoins des territoires. Ainsi, certains secteurs ventés peuvent accueillir des éoliennes, d’autres, ensoleillés, sont propices à l’installation de panneaux solaires…

L’important est que chaque territoire puisse apporter sa pierre à l’édifice sans dénigrement, sans position de principe et toujours dans le respect du site et de ses habitants. Ce respect doit être garantit par une réflexion et une concertation suffisamment aboutie pour s’assurer de la mise en œuvre de solutions adaptées, au bilan écologique positif, selon les préceptes du développement durable.

Il ne s’agit pas de demander l’arrêt pur et simple de l’installation d’éoliennes mais bien d’exiger des expertises et une concertation de la population irréprochables, avant de se prononcer favorablement à la concrétisation d’un projet.

Il est donc possible que l’éolien ne contribue pas dans des proportions gargantuesques à la réduction des émissions de GES à un niveau global. Mais, c’est un outil aboutit qui doit être utilisé dans les situations où il est adapté. Il permettra donc de contribuer, à un niveau local, à la lutte contre le réchauffement climatique, en permettant aux territoires qui accueillent des éoliennes d’afficher leur préoccupation pour le développement durable. Et pourquoi pas, constituer le socle d’une prise de conscience générale pour de nouvelles actions aboutissant à des politiques publiques plus durables.

1 un réacteur nucléaire comme celui de la centrale de Golfech par exemple a une puissance de 1300MW, en considérant que la puissance installée en éolien n’est efficace qu’à 30%, 13500MW éoliens remplaceraient donc 4 ou 5 réacteurs nucléaires (qui sont efficaces à 70%).


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