LE SRADDT LANGUEDOC-ROUSSILLON
Par NG le mercredi, 16 janvier 2008, 19:19 - Politiques publiques - Lien permanent
Le vendredi 14 décembre 2007 avait lieu, à Mende, un atelier territorial dans le cadre du Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT).
L’accueil était assuré par le Vice-Président de la région Alain Bertrand, la démarche présentée par le Vice-Président Eric Andrieu et l’atelier était animé par les experts du bureau d’études parisien ACADIE.
La méthode retenue pour l’élaboration du SRADDT Languedoc-Roussillon est présentée comme « innovante » ; elle repose sur la définition de 3 « controverses » qui servent de cadre aux débats des ateliers territoriaux, ces controverses illustrent les 3 piliers du développement durable :
- Comment concilier attractivité et préservation de la biodiversité ?
- Comment concilier croissance économique et développement social ?
- Comment concilier cohésion des territoires et compétitivité de la région ?
Ensuite il est démontré à l’assemblée la « ringardise » de la méthode « classique » utilisée pour l’élaboration de ce type de schéma ; à savoir :
- élaboration d’un diagnostic de territoire (on juge le territoire par rapport à un territoire moyen idéal alors que ce qui est intéressant, c’est ses singularités)
- étude prospective (on choisit une voie moyenne)
- définition d’un programme d’action et d’un calendrier de mise en œuvre (on recycle ce qui existe déjà)
Le Directeur d’études d’ACADIE présente le document distribué aux participants (ressemblant d’ailleurs fortement à un diagnostic) qui fournit quelques éléments illustrant les controverses. Il se retrouve d’ailleurs mal à l’aise en se rendant compte que ces controverses correspondaient beaucoup plus aux problématiques de l’agglomération montpelliéraine qu’au territoire rural de la Lozère !
La méthode « innovante » basée sur « un processus d’actions collectives sur le territoire » propose donc, à la place, de construire un « cheminement collectif » en débattant des options stratégiques pour retenir trois grands thèmes de discussion (les controverses) dont la pertinence est vérifiée auprès des acteurs lors des ateliers territoriaux.
Il est également indiqué que les outils de gestion type « zonage » sont obsolètes ; il ne faut plus opposer les territoires selon la (ringarde) vision du développement des territoires attractifs et de la conservation/préservation des éléments patrimoniaux.
Il est en outre précisé que le SRADDT ne doit pas être une simple compilation des différents schémas sectoriels existants, c’est pourquoi il a été choisit de repartir sur une base de concertation plus porteuse politiquement afin de s’assurer du portage du projet de SRADDT par les élus de la région.
Cette méthode innovante pose tout de même quelques questions :
L’abandon du diagnostic est il le fruit d’une réelle exigence méthodologique ou de la difficulté d’atteindre l’exhaustivité (thématique et territoriale) sur un territoire aussi vaste et hétérogène que celui d’une région ?
Les schémas sectoriels existants on le mérite…d’exister, pourquoi se priver d’éléments de diagnostic pour lesquels un travail important a déjà été réalisé ?
Comment les controverses ont elles été déterminées ?
Comment peut on parler de la fin du zonage, qu’est ce qui remplacera les outils type Plan Local d’Urbanisme ?
Pour finir, les débats lors de ces ateliers ont été décevants par leur manque d’exhaustivité due à la méthode employée et au cadre déterminé par les trois controverses ; il n’a pas été possible de débattre de la méthode et du bien fondé des questions posées.
Par exemple la dimension environnementale n’a été traitée que sous l’angle de la biodiversité alors qu’au niveau régional d’autres thèmes tels que la lutte contre le réchauffement climatique et la politique en matière d’énergies renouvelables sont tout aussi importants.
Propositions :
- recenser et associer les acteurs du développement durable à ce type d’ateliers en les y invitant et en leur transmettant les éléments servant de base au débat avant l’atelier.
- réétudier la méthode retenue pour élaborer ce SRADDT qui repose sur des controverses qui abordent (très) partiellement les problématiques de développement durable de la région
Découvrir la Lozère :
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